Être(s) au jardin

Après les « jardins extraordinaires », en novembre à Montfort-l’Amaury (galerie l’Atelier), Jérôme Mitonneau et Thaddée poursuivent leur exploration de l’univers des jardins, des êtres ailés qui les habitent et des lumières du crépuscule.

A voir à la galerie Médiart, une sélection de craies et de collages de ces deux artistes, nés respectivement en 1968 et 1976.

Ils vous attendent jeudi 16 février de 18h à 21h30 pour le vernissage.

Galerie Médiart, 109 rue Quincampoix, 75003 Paris

Ouvert tous les jours – sauf le dimanche 19 février – de 14h à 19h

Thaddée sera présente à la galerie de 14h à 19h les samedis, les lundis et le dimanche 26 de 14h à 18h et Jérôme Mitonneau samedi 18 et dimanche 26 février de 15h à 18h.

etres-au-jardin

Grèves

« La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégout de la vie et l’attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l’insuffisance de la réalité à les satisfaire.

Jérôme Mitonneau, craie

Jérôme Mitonneau, craie

« Ceux-là qui ont besoin de repos avant d’avoir éprouvé aucune fatigue, la mer les consolera, les exaltera vaguement. Elle ne porte pas comme la terre les traces des travaux des hommes et de la vie humaine.

Jérôme Mitonneau, craie

Jérôme Mitonneau, craie

« Rien n’y demeure, rien n’y passe qu’en fuyant, et des barques qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui ! De là cette grande pureté de la mer que n’ont pas les choses terrestres.

Jérôme Mitonneau, craie

Jérôme Mitonneau, craie

« Et cette eau vierge est bien plus délicate que la terre endurcie qu’il faut une pioche pour entamer. Le pas d’un enfant sur l’eau y creuse un sillon profond avec un bruit clair, et les nuances unies de l’eau en sont un moment brisées; puis tout vestige s’efface, et la mer est redevenue calme comme aux premiers jours du monde.

Jérôme Mitonneau, craie, 16,7x19,5cm

Jérôme Mitonneau, craie,
16,7×19,5cm

« Celui qui est las des chemins de la terre ou qui devine, avant de les avoir tentés, combien ils sont âpres et vulgaires, sera séduit par les pâles routes de la mer, plus dangereuses et plus douces, plus incertaines et désertes.

Jérôme Mitonneau, Craie, 19,7x24,8cm, 2015

Jérôme Mitonneau, Craie,
19,7×24,8cm, 2015

« Tout y est plus mystérieux, jusqu’à ces grandes ombres qui flottent parfois paisiblement sur les champs nus de la mer, sans maison et sans ombrages, et qu’y étendent les nuages, ces hameaux célestes, ces vagues ramures. »

Marcel Proust, Etudes, 1° La Mer, septembre 1892

Jérôme Mitonneau exposera du 12 au 26 novembre à l’Atelier, 5 bis rue de Versailles à Montfort l’Amaury au côté de Thaddée (collages), Denise Pelletier (gravures) et Laurent Roy (poèmes) autour des « Jardins Extraordinaires »

Les anges

Les anges, Jérôme Mitonneau

Les anges, Jérôme Mitonneau

Mes Anges sont infatigables, leur activité est incessante. Ils sont les Anges Gardiens ; une abstraction presque de chair dans mon imaginaire. « Ils descendent de Dieu aux hommes, ils remontent des hommes à Dieu » écrit Bossuet.

gouache sur partition, Jérôme Mitonneau, 33,7 x 26,5 cm

gouache sur partition, Jérôme Mitonneau, 33,7 x 26,5 cm

Ils seront exposés à la biennale d’art sacré de Lyon du 25 septembre au 19 décembre 2015.

Manière

« C’est grâce au pastel et à un séjour londonien où il ne disposait que d’un matériel réduit, qu’il va progressivement trouver sa « manière », abandonner l’huile et l’acrylique au profit de la craie, une craie friable comme poussière, qu’il travaillera à main nue, sur le papier ou le carton. Avec la main tout entière, préférant la paume, plus proche selon lui de ce que pourrait exprimer le corps lui-même s’il pouvait être mis en œuvre dans sa totalité. Ainsi le tableau prend forme, sans d’abord avoir été dessiné, évitant de la sorte le recours aux doigts, plus loin du centre de l’énergie.

Craie, Jérôme Mitonneau

Craie, Jérôme Mitonneau

C’est le moyen, on le sent – voilà la métaphore – de faire bloc avec la matière, avec le support et avec la craie, avec la terre elle-même dont elle est extraite – comme autrefois de ce flanc de colline où il habite – et de rejoindre le Grand-Tout, sans pinceaux, instruments ni sandales… au plus près de ce que le corps lui-même et la peau pourraient produire.

Anges, Jérôme Mitonneau craie, 2014

Anges, Jérôme Mitonneau craie, 2014

Anges, Jérôme Mitonneau craie, 2014

Anges, Jérôme Mitonneau craie, 2014

forêt, craie, Jérôme Mitonneau, 25.7 x 29 cm

forêt, craie, Jérôme Mitonneau, 25.7 x 29 cm

Et grâce encore à ce contact avec la terre, le moyen aussi de se fondre dans l’épaisseur du temps. Car pour Jérôme, la terre est amas de temps. Siècles, forêts et batailles n’ont jamais cessé de labourer en profondeur un humus qui se nourrit aussi du dépôt des saisons. Les années tour à tour y meurent et renaissent. Terre et temps sont « un ». »

R. Terrien